Enfin presque

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jeudi 13 août 2015

Miscellanées



Ce corps marqué de mère qui ne sait plus être une putain.


*****

Rouvert "Mille et une raisons de rompre". Mon prénom dedans, de la main du Mari. Isn't it ironic, don't you think ?


*****

Entendu "Loving me exactly where I am is the only way to really get where I'm going"

(où ? Dans "The Affair", peut-être)

 

Illustration : Ruth Wilson dans The Affair

 

jeudi 24 juillet 2014

Some say love


Embouteillages.
Cagnard.
Rétroviseur intérieur.
Un couple, de jeunes, dans la voiture derrière moi.
C'est elle qui conduit.
Elle s'énerve en parlant à son homme.
(Qu'importe le son pourvu que j'aie l'idée.)


Ses mains s'agitent, il ne comprend pas, on dirait.
Il fume, il se marre.


Bette Midler s'est mise à chanter « The Rose » dans l'autoradio.
Je trouve ça a little too ironic don't you think*


Il me donne envie de le gifler.
Écoute-la, bordel.
Elle insiste, lui a toujours son air goguenard.
Il fume, il se marre.


Nous sommes coincés dans ce bouchon.
Dans quoi sont-ils coincés ?



Elle m'émeut, je cherche son regard.
Et puis je me dis qu'elle n'en aurait rien à foutre
Qu'elle risquerait plutôt de ne pas bien le prendre.
Je regarde ailleurs.


Rétro extérieur.
Elle a la tête dans ses mains.
Il regarde ailleurs.


Je pense à cette chanson dont nous parlions avec ma jumelle de bouse.


Je fume, je chiale.

 


*Et finalement les paroles peuvent coller... Some say love it is a hunger, An endless aching need


Image : Martin Munkacsi - Woman looking at reflection of herself in rearview mirror, 1937

Son : Benjamin Biolay & Jeanne Cherhal, Brandt Rhapsody

jeudi 10 janvier 2013

Presque prête

Confiance. Mis à part une peur au début, due à l'un des innombrables résultats de tests sanguins, et cette angoisse diffuse lors de quelques nuits récentes, j'ai confiance. Il faut dire, tout se passe bien.

Le stress géant du boulot et mes clopes surnuméraires (forcément, puisqu'il en reste) n'ont même pas atteint ma substantifique moelle : notre bébé est « dodu », « vigoureux », bref, en pleine forme. Bye bye culpabilité.

Mon enfant sera là dans quelques semaines, quelques jours.

Je l'ai rêvé, imaginé, attendu bien avant de l'attendre.

J'ai pleuré qu'il ne veuille pas de mon ancien nous.

J'avais (vaguement) commencé à en faire le deuil.

Et puis... Et puis mon Rêvenu. La simplicité, l'évidence, la sérénité, la vraie vie.

Alors te voilà.

Et l'angoissée de service n'a pas fait défiler toute sa vie devant les yeux de sa psy. Même s'il y eut, en vrac : un grand besoin de solitude, des pensées émues-tillées pour ma vie d'amants d'avant, et certains des habituels tracas de la grossesse.

Aujourd'hui il semblerait que je le garde au chaud, qu'il faille que je commence à l'aider à sortir. Si je te retiens (inconsciemment), mon enfant, c'est pour mieux te bisouter c'est sans doute que je ne goûte au bonheur de cette grossesse que depuis peu, finalement. La première moitié n'était pas drôle, des éléments extérieurs m'ont empêché de vivre entièrement la chose. Alors depuis, je profite.

Tout se passe bien, faut dire. Sereine aujourd'hui.

vendredi 30 novembre 2012

La sagesse faite femme

Elle compare la grossesse à la crise d'adolescence et maintenant ça me paraît une évidence.

Ce corps qui change à vitesse grand V et me dépasse (oui je sais, c'est moi qui dépasse)...
Cette hyperémotivité - grands rires, grandes rivières...
Cette incompréhension mêlée de colère parfois...
Ces bascules brutales de "je suis la plus grosse grande" à "je suis toute petite"...


Elle parle d'état "maturatoire". Le mot n'est pas beau, mais l'idée est là. Je grandis. En même temps que lui.
Je quitte ma vie de femme pour devenir mère, je quitte aussi ("surtout", insiste-t-elle) mon enfance

 

Sage femme.



Katie Melua - Tiny Alien

lundi 5 septembre 2011

Loin


Jean-Louis Murat - Démariés

 

Je vieillis loin de toi. Plus vieille que tu ne le seras jamais.
Loin de ma jeunesse, je ne sais plus trop qui j'étais du temps de toi.
Plus remplie, peut-être, mais moins complète, sans doute.

Tu fais venir des mots, et de notre histoire de grand amour reviennent parfois des bribes antipathiques.
Plus souvent, je me souviens des joies comme de souvenirs d'enfance.
Loin. 

On dit que je refais ma vie.
Je me suis refaite.

Sentiments mitigés. Parfois de la colère encore, surtout la paix.
Parfois : "je suis là malgré ça !"

Faite ainsi. La fêlée s'est comblée.
Je ne regrette rien.



Et puis... ces anniversaires... pour pleurer des larmes (loin) de toi.

 

 

 

 

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