Enfin presque

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Presquidigitatrice

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi 1 juillet 2013

Passage à l'argentique

Où est ma petite amie ?
Elle est dans mon Rolleiflex
Je le regarde perplexe
Dois-je le foutre aux orties
Gainsbourg - Negative blues



Chaque fois que je touche ce sac, les mêmes impressions, la même inertie. Incapable de savoir quoi faire de son contenu. Jeter des films, périmés même avant qu'il ne meure. En garder d'autres, plein. Ressortir l'appareil qu'il m'avait offert, trouvé à un vide-grenier sur les bords de l'Oise.

J'ai toujours raté mes photos avec cet appareil. Toujours un problème technique : le film mal chargé, les réglages loupés...
Mais je faisais des photos superbes quand LeMari était à mes côtés, qu'il me préparait tout.
Où sont-elles ?
Souvenirs vagues d'un château en ruine. Lisbonne ? Le Maroc ?
Il me fallait une heure pour prendre une photo, pas vraiment un "instantané du moment"
Mais justement, c'était... apaisant.

Sortir la cellule à main, reporter lumière et vitesse, choisir le bon objectif, le bon angle, le bon cadrage.
L'appareil est lourd, le contact avec le métal paradoxalement chaleureux.
Et puis... tourner la bague de mise au point, enfin. Défi pour mes yeux astigmates, victoire la plupart du temps, ou flous artistiques (si, si).
Faire la mise au point, Dieu que ça me manque !
Et lui qui m'accompagne dans mes prises de vue, me guide et m'apprend. Que ça me manque aussi !



Je voudrais avoir le temps d'être seule pour ressortir nos photos de voyage. Admirer les siennes et reconnaître (trop facilement) les miennes.



Parfois je regrette que mon homme ne soit pas photographe, lui aussi. Je sais les moments que LeMari aurait pensé à immortaliser.



PS : L'Icarex ne sera pas un objet de déco. Ça me prendra de temps en temps, j'y mettrai un film, un noir et blanc, histoire de pousser encore plus la nostalgie, et j'appuierai. Sans espoir, parce que je suis toujours aussi nulle en technique, mais avec envie et mélancolie, sagesse et concentration. Avec émotion, surtout. Je ne garde pas l'appareil parce que c'est un cadeau, je le garde parce que c'est un souvenir (créateur de souvenirs, en plus). Vivant.



Image : Suzy Parker photographiée en 1951 par Clifford Coffin

mardi 15 mars 2011

C'est beau


printempsmucha.jpg








C'est beau

un homme

au printemps

de sa vie











Illustration : Alfons Mucha - Le Printemps (1900)

mercredi 8 septembre 2010

Dead old love


I'll love you forever.


Sorry I'm late.



Lhasa - Love came here

edit : http://dearoldlove.tumblr.com/post/1135933631/late

jeudi 15 juillet 2010

Belly button

Recousu le bouton de ma petite robe. Il était tombé, cette nuit-là.
Je l'avais glissé dans la poche de ton jean (tu me rendais au romantisme), parce que je te soupçonnais d'en être la cause...


Je n'ai plus jamais porté cette robe.
Elle m'évoquait cette rencontre, tout ce qui s'ensuivit, et je ne voulais pas lui faire ça.


Je suppose qu'il ne se souvenait même pas de cette robe, que ça n'aurait gêné que moi.

Je suppose que tu n'as pas compris d'où venait ce bouton, si même tu l'as jamais trouvé.

Je peux remettre ma petite robe.
Tout ça n'a plus aucun sens maintenant.

vendredi 1 janvier 2010

Amour inédit


Je rêve de toi - Arthur H.


Aux premières heures de l’année.

 

Tu vois, mon Amour, je les passe avec toi. Tellement d’amour et si peu de photos, je suis étonnée. Parce que la mémoire me lâche un peu, me fâche, je cherche les traces.
(Pas au cimetière, non, un soir de pleine lune, penses-tu, je suis déjà assez sorcière…)

Tu me regardes et tu es doux.

J’ai perdu le son de ta voix. Il est quelque part, mais je suis incapable de t’entendre me dire quelque chose.


Mon Amour, je vis sans toi, tu vois. J’ai survécu avec la douleur de toi, je vis désormais sans.

J’ai menti en disant que c’était un soir comme les autres. Cette nuit est spéciale. Je suis avec toi. Pas l’ancienne moi, la nouvelle. Comme une réconciliation, la paix se fait entre toi et celle que tu ne connais plus entièrement.

L’amour. Parfois je le cherche ailleurs, mais quand je ne le trouve pas à l’intérieur de moi je devrais simplement faire appel à ma mémoire douce. Ton amour en moi. A oublié de mourir avec toi.

Je me sens forte, tu sais ? (Forte à en pleurer, certes.) Forte de ce que tu m’as donné, de ce que je t’ai donné. Plus forte que la tristesse des airs que j’écoute.

 

J’ai perdu le son de ta voix.

Tu m’aimes sans bruit.

Je t’aime sans souffrir.

Inédit.


- page 1 de 2